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Prora, ou la prétention nazie à maîtriser l'architecture

L’idée aurait pu être bonne, et ce qui aurait dû en découler était inscrit dans un projet plutôt social – si tant est que l’on ne colle pas à ce mot le mot “national”.
Prora
, à l’origine, c’est une langue de sable recouverte de bruyère, un site exceptionnel en bordure de la Mer Baltique. Pourtant, Prora résonne d’une toute autre manière. C’est un site que les Allemands se sont évertués à détruire consciencieusement en y construisant un complexe de béton, entre 1936 et 1939, long de près de 5 kilomètres. Prévu pour accueillir vingt-mille familles de travailleurs allemands en villégiature au bord de la mer, les huit bâtiments constituant le complexe sont non seulement d’une laideur sans nom, mais en plus n’ont jamais été utilisés comme tels.
La moitié des bâtiments est aujourd’hui à l’abandon et commence à se délabrer de manière inquiétante. Ce qui est non moins absurde, c’est que l’ensemble “architectural” – terme à utiliser avec des pincettes – a reçu lors de l’Exposition Universelle de 1937 le Grand Prix de l’Architecture. On croirait rêver.

Via Anarchitecture.

Prora

Fabienne et moi avons décidé de vous emmener dans un tour du monde virtuel. Vous pouvez suivre les étapes de ce voyage sur Google Maps.

La grande migration des crabes rouges de Christmas Island

Photo © Vincs

Gecarcoidea natalis, comme son nom l’indique, est une espèce de crabe endémique d’une petite île située non loin des côtes indonésiennes et pour les quelques 1600 habitants de l’île, c’est un véritable cauchemar auquel ils se sont pourtant habitués. En effet, tous les ans en octobre et novembre ce petit crabe rouge absolument inoffensif et végétarien opère sa grande migration, envahissant ainsi les moindres recoins de ce monticule de terre éloigné de tout qu’est Christmas Island. Sortant par milliers, dizaines de milliers de la jungle (l’estimation de la population de crabes rouges est d’environ 120 millions), ils envahissent l’île pour rejoindre l’océan et y pondre leur oeufs. Ainsi, ce ne sont pas moins de 65 millions de femelles qui traversent 8 km en 5 jours pour rejoindre les plages et autant dire que cette migration est un véritable fléau. Envahissant les rues, les propriétés, les routes, ils occupent tout l’espace disponible jusqu’à paralyser complètement l’activité de l’île pendant ces deux mois d’enfer. Inévitablement, malgré tout le respect des habitants pour leurs voisins pour le moins encombrants, tous les ans ce sont des milliers d’entre eux qui périssent, principalement sur les routes.
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La loi de Parkinson

Cyril Northcote Parkinson était un monsieur qui à mon sens a dit une connerie de réactionnaire, laquelle s’est vite transformée en vérité apodictique. La loi de Parkinson tient en ces termes:

The work expands so as to fill the time available for its completion.
Le travail se dilate de telle manière qu’il remplit le temps disponible pour son achèvement.

En me référant à l’article de Wikipédia, il semblerait que cette pseudo-loi soit relative à l’augmentation exponentielle du nombre de fonctionnaires dans l’administration britannique, et je finis par trouver une référence qui tout à coup m’ouvre un horizon:

L’un des corolaires de la loi de Parkinson, c’est que, dans toute situation administrative, on peut économiser périodiquement 20% du temps. La loi de Parkinson est aussi utilisée pour évoquer un dérivé de la loi originale en rapport avec les ordinateurs : « Les données s’étendent jusqu’à remplir l’espace disponible pour leur stockage » ; acquérir davantage de mémoire encourage l’utilisation de techniques gourmandes en mémoire. Il a été observé qu’entre 1996 et 2006 l’utilisation de mémoire sur des systèmes évolutifs a tendance à doubler à peu près tous les 18 mois. Heureusement, la quantité de mémoire disponible pour une somme donnée a également tendance à doubler tous les 18 mois (voir loi de Moore) ; malheureusement, les lois de la physique nous assurent que la deuxième loi ne pourra pas se vérifier indéfiniment. La loi de Parkinson pourrait être davantage généralisée comme : « La demande pour une ressource s’accroît toujours pour correspondre à l’approvisionnement de la ressource » (s’apparentant alors à la loi de Say).

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Derrière tout ce blabla purement théorique, lorsque j’ai lu cet énoncé de la loi de Parkinson, je n’ai pas pu faire autrement que de rapporter ce principe à l’information, et particulièrement à la société de l’information. Le fait est qu’aujourd’hui, nous vivons dans un contexte social où l’information a été imposée comme un besoin, et comme on le sait parfaitement, tout besoin est naturellement créé par la fonction.
La société de l’information est une sorte de niche dans laquelle on met beaucoup de choses, à travers les médias, à travers toute l’information à laquelle nous avons accès au travers de canaux multiples, que personnellement j’appelle l’intelligence en réseau.
Cette société se nourrit d’un vide qu’elle n’arrive pas à combler, parce qu’il n’y a pas suffisamment de substance pour le remplir. C’est la raison pour laquelle le journal télévisé a quasiment une durée fixe, et qu’elle ne varie pas en fonction de l’importance de l’information ni en fonction de sa densité. Un journal de 30 minutes un jour où il ne se passe rien sera rempli de futilité qui, comme nous l’avons déjà dit ne sera pas de l’information mais de la donnée brute.
L’information se dilate pour remplir l’espace qu’on veut bien lui accorder, on remplit cet espace avec du vide informatif, de la donnée “Jean-Pierre Pernaud“, du reportage sur la disparition des perdrix en baie de Somme ou sur les magouilles maritales du couple présidentiel. Une semaine sans information et on se rend compte qu’on n’a rien manqué, un peu comme dans les Feux de l’amour. Continue reading

Dans le désert de Loti – le synamare

Loti le fantasque, Loti l’excentrique, Loti le fou, disaient certains, celui qui n’hésitait pas à se promener en ville ou sur le port de Paimpol affublé d’un fez et vêtu à la Turc ; Loti a traversé le désert en 1894 en partant d’Egypte pour rejoindre Jérusalem, en passant par les hauteurs du Mont Sinaï. Une équipée terrible s’engouffre entre les falaises de marbre rose et les étendues de sable gris sombre battues par le Khamsin (خمسين) et il en ressort un texte sobre, dépouillé, dans lequel pourtant il nous livre des pages sublimes sur l’un des lieux les plus secrets de la planète : le Monastère Sainte-Catherine – la demeure de la solitude -, siège des reliques de la sainte et du Buisson Ardent, le lieu même où Moïse reçut la parole divine. Continue reading

West Norwood

Le cimetière de West Norwood à Londres a été ouvert en 1837 sous la Chapelle Episcopale, qui, détruite pendant la seconde guerre mondiale a été remplacée par une roseraie. Les catacombes sont aujourd’hui encore ouvertes, accessibles au public, malgré leur état de délabrement.
Toutefois ce lieu est d’une étrange beauté, d’un calme surprenant et faisant immédiatement penser au Londres noir et lugubre d’un Stevenson ou au White Chapel de Jack l’éventreur.
Nick Catford a immortalisé sur la pellicule ce lieu sans vie, dédié à la mort et singulièrement morbide. La particularité de ce lieu, réside dans un ascenseur “catafalque”, destiné à descendre les cercueils de la chapelle aux catacombes.

West Norwood

Via BLDGBLOG.

Fabienne et moi avons décidé de vous emmener dans un tour du monde virtuel. Vous pouvez suivre les étapes de ce voyage sur Google Maps (c’est magique !)…

Node™ n°3

Pour commencer, je suis allé faire un tour du côté de chez Google Books sur les conseils de Manue, parce qu’il parait – enfin, non, c’est vrai – qu’à présent on peut citer des extraits de livre et les faire s’afficher dans un page en HTML, sous forme de texte ou d’image, ce qui ne manque pas de charme – je pense notamment aux oeuvres de Humboldt que j’adore compulser sur le site ou cette étrange lettre sur l’invention de la boussole. Continue reading

La terre vue du ciel

Après le succès certain des Google Maps et consorts, de nouveaux outils parallèles ont fleuri. Parmi ceux-ci, Flash Earth et Google Sightseeing.

Flash Earth est en fait une sorte d’agrégateur de tous les outils existants. Vous pourrez ainsi voir le monde avec Google Maps, Yahoo Maps, Microsoft VE, Ask.com, Openlayers et NASA Tierra. La même situation sera visualisée sous différentes versions, avec latitudes et longitudes et la possibilité de copier la localisation exacte. A noter que les images de la NASA sont incroyablement pauvres, bien que d’une exceptionnelle qualité.

Google Sightseeing est un outil merveilleux. Ce n’est ni plus ni moins qu’une chronique tenue par James et Alex, deux hurluberlus qui scrutent (à longueur de journée j’imagine) les photos satellites disponibles sur Google et y découvrent parfois des choses très surprenantes comme par exemple ces étranges spirales dans le désert égyptien. Continue reading

Blackle is black

Je me souviens d’avoir vu un jour un billet sur un blog qui prétendait que Google pouvait faire économiser au monde 750 MégaWatts-Heure par an, le plus simplement du monde. Alors oui, dit comme ça, ça peut faire sourire. Seulement, comme dirait l’autre, c’est pas faux.
Google, presque tout le monde le sait, est d’un design tellement épuré qu’il en frise l’insulte au bon goût, mais surtout, il a un fond blanc, et le blanc, s’en doutait-on, fait consommer plus d’électricité qu’un écran noir.

blackle.jpg

C’est sur cette base que des gens tout à fait sérieux ont créé Blackle, qui n’est plus ni moins que le Yang de Google. Basé sur une customisation, il rend exactement les mêmes résultats que le colosse de Mountain View. Forcément, c’est un peu moins sympathique que le blanc, mais pensez-y, comme le dit la petite plaquette sur la devanture du site, la simple utilisation de Blackle a déjà fait économiser 181,539.980 Watts-Heure.
Ça fait réfléchir non ? (Surtout que c’est directement votre facture d’électricité qui est concernée).

Yonaguni, Arakawa Point

En navigant paisiblement sur Internet, je me suis arrêté sur le titre de ce billet. Que faire d’autre qu’être interpelé par un tel titre ? Un parfum d’Atlantide à la japonaise. En lecteur souvent confidentiel qui ne laisse de traces nulle part, je n’ai fait que m’arrêter, suivre le chemin et j’ai lu, j’ai parcouru les longues lignes. Et j’ai découvert cet endroit étrange situé à l’extrémité sud de l’archipel du Japon, au large de Taïwan et juste au sud de la petite île de Yonaguni. En soi, la petite île est déjà marquée par le fait qu’on y parle une langue endémique, le yonaguni.

Arakawa Point, est un endroit qui laisse songeur. A quelques mètres de profondeur, un plongeur a un jour découvert un ensemble de terrasses reliées par des marches, dans un ordre tel qu’on peut imaginer d’emblée une circulation possible et une route bordée d’un muret. Jusque là, rien de tellement surprenant si ce n’est qu’on est certainement face à une découverte archéologique majeure.

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