Monthly Archives: November 2006

Un peu de tout, vite fait 4

Franck, Don, Don et le maquereau

De passage chez Plexigirl qui annonce fièrement that she loves Zappa, je suis tombé en pâmoison lorsque je me suis aperçu que la vidéo de Willie the Pimp était disponible sur Youtube. Ne sachant même pas que ce titre avait été l’objet d’un clip, je réécoute avec plaisir ce morceau d’anthologie, présent sur l’album Hot Rats, le premier album de Zappa que j’ai acheté.

Willie the Pimp, c’est avant tout 9:16 mn de travail acharné, quelques paroles racontant l’histoire d’un proxénète, et c’est aussi la rencontre de trois musiciens. Frank Zappa, exécutant ici un des solos de guitare les plus impressionnants et des plus difficiles de l’histoire du rock (Hendrix à côté, c’est du lait de mouflonne), Don Van Vliet, plus connu sous le nom de Captain Beefheart, à la voix inhumaine et qui lors de l’engistrement de l’album Trout Mask Replica a cassé une bonne dizaine de micros tellement son timbre est spécial, et pour finir Don “Sugarcane” Harris (et non pas le Français Jean-Luc Ponty, comme je l’ai longtemps cru) violoniste de son état et qui attaque le solo. C’est à peine perceptible, mais le solo commence au violon et continue à la guitare dans la même tonalité.

Je vous laisse vous faire écorcher les oreilles… C’est vraiment très spécial…

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Olga – Marcos Acayaba

Residência no Jardim Vitória Régia

Comment construire une maison sans poser d’affreuses fondations en béton et tirer le meilleur parti d’une surface réduite lorsque le terrain a une inclinaison de plus ou moins 45° ?

C’est la question épineuse à laquelle Marcos Acayaba a répondu de manière magistrale. Située sur les hauteurs de São Paulo au Brésil, la Residência no Jardim Vitãria Régia, construire en 1987 sur le plan d’un ziggourat inversé, la résidence Olga affiche des références avantageuses:

  • Surface du terrain: 900.0 m²
  • Surface occupée: 171.0 m² soit 19%
  • Surface construire: 220.0 m²
  • Surface utile: 200.0 m²

On y entre par le niveau supérieur ou alors par la baie inférieure et la colonne centrale contient une volée d’escalier desservant tous les étages. Sur la terrasse se trouve une piscine, près de l’entrée principale. Les étages inférieurs sont occupés par les chambres et le vaste espace supérieure est un lieu de vie, avec une vue imprenable et une sensation spatiale hors-norme. L’énorme surface de prise au vent a été réduite par une structure légère et attelée sur sa partie supérieure directement à flanc de colline.

Ainsi tout commence

J’ai inversé la tendance. En écrivant sur le papier, je m’exprime plus et plus clairement, de manière plus sereine, ce qui me permet aussi d’avoir une meilleure visibilité sur ce qui doit être dit et ce qui peut être tu. Le silence comme un art de vivre.

Aussi, lors de mes interrogations perpétuelles, je me suis mis à imaginer un livre. Un livre qui n’en serait pas un, mais plutôt une succession de listes d’aides pour écrivains en manque d’inspiration. Ainsi, on pourrait imaginer des recueils pour suggérer:

  • Une liste de pseudonymes potentiels
  • Une liste de titres de romans potentiels
  • Une liste de débuts de romans potentiels

Le sacrifice de Tarkovsky

Le sacrifice de Tarkovsky

Andrei Tarkovsky signe son dernier film en 1986 avant de mourir. Le Sacrifice (Offret) est étrangement un film testament d’une oeuvre compliquée.

Ce film est avant tout, esthétiquement parlant édifiant. Dans un décor aux allures scandinaves, sous une lumière froide et argentée, c’est un film typiquement septentrional. La lumière y est magnifique et les personnages d’une gravité exacerbée. En s’imprégnant de l’ambiance, on pourrait se croire dans un film d'Ingmar Bergman. Le réalisateur russe nous offre une palette de personnages énigmatiques magistralement servis par Erland Josephson (acteur bergmanien s’il en est), Susan Fleetwood, Guðrún Gísladóttir et un petit garçon du nom de Tommy Kjellqvist, qui dans le film est simplement appelé Gossen, petit garçon. On y voit même apparaitre Valérie Mairesse.

Sur fond de guerre nucléaire, se déroule une cérémonie d’anniversaire sur les côtes suédoises. Le sacrifice sera celui d’Alexandre, le personnage principal, qui devra, pour sauver le monde accomplir un acte sacré. Rares sont les films autant imprégnés de gravité, de poésie sourde et rentenue et d’un sentiment prégnant de beauté presque métaphysique.

Goharshad

Goharshad

Au fil de mes recherches récentes, j’ai emprunté à la bibliothèque Photographies et carnets de voyage de Bruce Chatwin, par David King et Francis Wyndham.

Mis à part de très beaux textes extraits des Moleskine de Bruce Chatwin sur ses Voyages en Mauritanie et en Afghanistan, entre autres on découvre de magnifiques photos des quatre coins du monde (Chatwin, ex-expert en art chez Sotheby’s, à la fois écrivain et photographe esthète) n’illustrant pas du tout le texte mais donnant à voir la vision du monde d’un personnage hors-norme de la littérature. On découvre des clichés d’une rigueur extrême. Armé de son Leica, on le découvre jaloux de ses photos, ne sortant son appareil que lorsqu’il se trouvait seul, shootant des portes et des toits de tôles ondulées, composant des clichés à la composition stricte, aux couleurs vives, témoins d’une époque ou d’une particularité régionale.

Au milieu de ce joyeux fatras jouissif, se trouve une photo qui a attiré mon attention. Il s’agit d’un toit de mausolée, passablement détruit. Il se trouve en fait que c’est le Mausolée de Gohar Shad, un chef d’oeuvre d’architecture musulmane datant du XVè siècle et d’une sobriété sans égale. Pas très loin de là se trouve également la grande mosquée, visible de loin avec son magnifique dôme bleu et ses dorures. Un sommet de l’abstraction en art, des couleurs chatoyantes, qui se passent de commentaires.

Liens:

Un peu de tout, vite fait3

Histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème

Robert Louis Stevenson

Hier soir, je me suis plongé dans l’épais volume des oeuvres complètes de Robert Louis Stevenson[1], un des deux livres édités chez la Pléiade dont je dispose. Au coeur de cette ouvrage, regroupant entre autres The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde, Treasure Island, se trouve un volume que l’on n’a pas l’habitude de citer au regarder d’un des plus célèbres écrivains écossais, The New Arabian Nights. Attiré par le titre, a fortiori par le titre du premier cycle dans lequel se trouve la nouvelle Story of the Young Man with the Cream Tarts (1878), The Suicide Club. Ambiance victorienne et brouillards londoniens, un prince de Bohème, Florizel, et son fidèle maître de chevaux, le colonel Geraldine sillonnent les bas quartiers, se vautrant dans la luxure sous des habits de pacotille. La rencontre du jeune homme aux tartelettes à la crème va les plonger dans une société secrète vouée au culte la mort par procuration, dans laquelle on fera brièvement la rencontre de l’économiste Malthus. Une nouvelle baroque et haute en couleur, un tantinet moralisatrice, mais d’un style flamboyant et enchanteur.

Notes

[1] De son vrai nom Robert Lewis Balfour Stevenson

Louis-Marie Faudacq

Louis-Marie Faudacq

Les peintres douaniers ont mauvaise réputation car leur oeuvre est souvent considérée comme mineure, leurs sujets bien loin des préoccupations habituelles de l’art, et leurs techniques souvent différentes et peu admises par les peintres plus urbains, mais ce sont les témoins privilégiés d’une époque, d’un moment, de faits et des habitudes des hommes. Louis-Marie Faudacq (1840-1916) fait partie de ces hommes qui, ayant passé une partie de leur vie au bord de la mer pour exercer sa profession, ont su donner une âme au papier, sur lequel il dessinait la vie de tout les jours, les gens sur les estrans et les grèves du Trégor et du Goëllo. Un trait fin allant à l’essentiel, de rares couleurs finement choisies, de nombreuses notes griffonnées sur des carnets que j’ai eu l’occasion de voir au château de la Roche-Jagu cet été, voici le monde de Faudacq, un monde fait des goëmoniers et de pêcheurs de harengs, de gens simples travaillant dans des conditions rudes.

Quelques images de son oeuvre: bateaux goémoniers, bateaux de pêche fin 19e siècle, Dessin d’un canot sardinier, faisant sècher ses filets.

Tavola – Saitama – Milligram Studio

Tavola - Saitama - Milligram Studio

La Tavola est une création qui risque de faire du bruit.Discrètement évoquée sur le site des architectes qui l’ont créé, elle représente une nouvelle génération de petites maisons de ville, de par sa surévélation. Située dans un quartier en vogue de la ville de Saitama au Japon, elle étonne de par ses proportions taille hauteur et les quatre piliers sur lesquels elle repose.

En effet, la grande originalité de sa conception repose sur ces piliers, sur lesquels sont maintenues à la fois la structure du premier étage et celle du second. A l’intérieur, les piliers sont visibles et font partie intégrante de l’agencement.

Rien de superflu, ouvertures minimales et fenêtres bandeaux respectant le fait qu’elle est située dans un lieu particulièrement exposé, mobilier sur mesure, salle de bain sans cloison, voici l’archétype de la nouvelle optimisation de l’espace.

Au sol, de l’espace pour garer une voiture ou laisser libre la circulation des piétons. Seulement 78 m² au sol et une impression d’espace affolante.

Un projet qui s’inscrit dans une vaste gamme de résidences privées, conçues par le studio Milligram.