Monthly Archives: November 2007

Van Brussel naar Brugge

Ville étrange tiraillée entre deux communautés qui ne peuvent pas s’entendre. Ce qui m’a frappé en allant dans la capitale belge, c’est l’entente cordiale entre les deux communautés qui vivent ensemble sans se marcher dessus tandis que les médias font tout pour donner l’image d’un pays chaotique exacerbée par l’attitude néfaste d’hommes politiques campés sur leurs positions. La Wallonie a longtemps été beaucoup plus riche que les Flandres belges mais à présent la partie nord de la Belgique affiche un taux de chômage faible et un PIB deux fois plus important que leurs cousins du sud, du coup la Wallonie n’est plus désirable et la sécession menace car on veut se débarrasser des importuns appauvris; une attitude peu digne. C’est sans compter sur le fait qu’Anvers a supplanté Bruges à une certaine époque et qu’elle était la capitale du Royaume. Ce qui m’a frappé également, c’est un racisme ambiant très fort dès lors qu’on s’enfonce dans les terres flamandes. Y parler français est presque insultant car on est d’emblée un Wallon, mais il suffit qu’on sorte une carte d’identité française pour que le sourire revienne et que l’animosité disparaisse. Très sincèrement, j’aime beaucoup les Flandres, pour l’ambiance douce et heureuse qui y règne, pour l’ordre et l’architecture hautement réfléchie et sobre, pour la propreté et le bon goût, mais je hais cette attitude méfiante et suspicieuse envers tout ce qui parle français, à la limite de la correction la plus élémentaire et parfois franchement haineuse.

Brussels

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Du bon usage des notions de géométrie dans l'espace en milieu urbain

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Devant ma tasse de café bien noir bien chaud bien sucré j’écoute d’un œil distrait la radio qui blablate et me donne le cafard – je ne demande jamais à écouter les actualités qui me semblent d’un autre temps – remémoration des années 30 – et je tombe ou plutôt me tombe dessus un communiqué du Ministère du Travail dans lequel on entend un homme, apparemment très content de son sort qui dit haut et fort “Moi, ce mois-ci, j’ai travaillé 4 heures de plus par semaine parce que mon patron avait des commandes urgentes à honorer et grâce à cette aubaine tombé des cieux, j’ai touché 183 euros net en plus“. Rendez-vous sur le site blablabla.com pour en savoir plus blablabla.
Regard de bovin, mais c’est quoi cette histoire. J’entends en fait tout autre chose. Quelque chose dans le style “Moi, ce mois-ci, j’ai travaillé 4 heures de plus par semaine parce que mon patron avait des commandes urgentes à honorer et qu’il commençait à faire dans son caleçon parce que les pénalités de retard vont gréver son budget vacances et cette année encore il ne pourra pas partir en République Dominicaine comme il y a trois ans et qu’il doit faire réparer son 4×4 et grâce à cette aubaine tombé des cieux, j’ai touché 183 euros net en plus, mais je n’ai pas beaucoup vu mes enfants, je tombais de fatigue devant le journal de Claire Chazal et du coup j’ai même pas pu regarder la Méthode Cauet. En plus de ça, je n’ai toujours pas été augmenté et mon patron a dit à son client que c’était mon manager qui avait tout fait, mais à part ça je suis heureux parce que j’ai touché 183 euros net en plus ce mois-ci“. Travaillez plus pour gagner plus, le rêve de toute une génération devient enfin possible, moi qui pensais que l’avenir était plutôt à l’augmentation des salaires, je tombe de haut.
Les grèves sont terminées et tout semble se passer comme s’il ne s’était rien passé, j’entends une fanfaronne rire sur le fait qu’elle n’était plus habituée à prendre le train et que finalement ce n’était pas si mal de prendre la voiture – ben va-y cocotte personne ne t’oblige et je me dis que le type qui conduit ce train est peut-être aigri de n’avoir pas eu gain de cause et d’avoir perdu 183 euros net a minima et qu’il va peut-être mener son train directement dans la Seine par un malencontreux coup de volant, et je me vois mal finir ma vie de cette manière parce que moi bordel ! Je suis avec vous, les gars… !! Du coup, je ne peux m’empêcher de m’adresser à mon voisin qui lit un étrange petit livre bleu sur lequel est inscrit “Comment lire un bilan” et je me dis que ce type ne doit pas savoir lire un bilan, mais en même temps un bilan, ce ne sont que des chiffres non ? et je lui dis Pensez-vous ainsi que le disait Slavoj Žižek que le bouton qui accélère la fermeture des portes de l’ascenseur est un placebo destiné à donner l’illusion à celui qui appuie dessus qu’il participe du mouvement de l’appareil ? Nan parce que dans ce cas là, je me demande si vous et moi ne serions pas des placebo donnant l’impression à la société cette fourbe que nous sommes ces instruments participatifs ? Pas de réponse et beau regard d’ange de bovin (bis)
Je me console tout seul le nez replongé dans mon livre et en apprenant qu’avant de se jeter à corps perdu dans la philosophie et dans la géométrie, Pythagore avait raflé tous les prix de pugilat aux Jeux Olympiques – et dire que j’ai passé toutes ces années de collège à tenter de comprendre un théorème proféré par une brute de catcheur dont il ne reste que des carrés et des sommes de carré de côtés !!!
Enfin bref, comme disait Mr Nicolas au café de l’Etrier, le carré de l’hypoténuse que si l’on Sancerre !! Rire gras.

Damon Zucconi

Le site de Damon Zucconi est fantastique. Rudimentaire, il consiste en une simple liste d’items renvoyant vers d’autres pages. Damon Zucconi est un de ces foutraques qui ne fait que créer en dépit du bon sens, sans harmonie, dans un bordel total à tel point que je n’ai pas vraiment compris quel était le but de tout cela. C’est ludique, récréatif et surtout, dans une ambiance très milieu des années 90, on se perd un peu dans ses expérimentations, ses vidéos et ses photos d’un autre temps.

Damon Zucconi is a 22 year old artist living and working in New York. This website is a selected archive of work/material beginning from mid 2006 and is sourced from a complete archive available here: Collected/Work

Et puis c’est tout.

Damon Zucconi

Je ne sais pas si vous êtes comme moi les copines, mais j'adore me maquiller les yeux

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Ce dimanche, je me suis acheté un livre rose, un livre qui, comme ça, vu de l’extérieur n’est rien d’autre qu’un livre dans une pochette rose recouverte d’une sorte de velours comme on en trouve sur ces vieilles brosses à vêtements enfin je dis vieilles pas tant que ça c’est surtout le genre de choses qu’on trouvait dans les années 70, enfin que je trouvais dans les placards de ma mère quand je n’étais encore qu’un petit morveux – c’est pas vrai d’abord je n’ai jamais eu de chandelles qui descendaient des narines – je suis tombé sur ce livre avant d’avoir hésité longuement à prendre une édition brochée des Particules Elémentaires de Michel Houellebecq qu’il faut certainement avoir lu mais lorsque j’ai eu entre les mains ce livre recouvert de moumoute rose, je me suis dit voilà le livre qu’il me faut, le vrai livre qui de l’extérieur ressemble à un livre de fille, je dirais même de pétasse et qui est en fait un des plus grands romans du XXè siècle paraît-il et que je n’ai toujours pas lu et pour le coup je me suis dit qu’en avoir une édition en moumoute rose était l’occasion de le lire. Non ? Ça ne tient pas ? C’est justement pour ça que c’est important.

lolita

Alors c’est quoi ? Ce sont les mémoires de Dom Juan ? Non. Ni plus ni moins que le chef d’œuvre de Nabokov, Lolita. Une telle couverture s’imposait-elle ? Certes, il ne pouvait en être autrement, et puis j’ai flâné longuement entre les tubes de peinture les pastels gras les pastels aquarellables, et autres pastels de toutes sortes et aussi les crayons les mines les stylos les feuilles et les carnets enfin bref tout ce qui sert à écrire et à dessiner et je n’ai qua-si-ment rien acheté… je dis bien qua-si-ment parce que je n’étais pas là pour moi mais pour mon fils le coquin qui a lui de son côté flâné longtemps entre les livres de coloriages de Noël les livres sur les dragons et les atlas de tout acabit et a réussi avec son sourire d’ange à se faire offrir plein de choses par les vendeurs, il est comme ça – il s’avance vers les gens en souriant et tout lui tombe entre les mains, d’ailleurs faudrait voir à ce que ça n’arrive pas trop souvent qu’il ne s’imagine pas que tout est toujours aussi simple – et puis j’ai vu énormément de livres intéressants comme ce tout petit livre très cher sur les photos de Anja Hyytiäinen qui s’appelle Distance Now avec de très beaux clichés très crus et très froids comme savent en faire les gens du Nord (le premier qui siffle la chanson d’Enrico Macias c’est deux gifles), mais aussi Sensationnal Billboard aux éditions Teclum sur les panneaux publicitaires, Do not disturb de Chas Ray Kinder, très porno chic ou porno tout court et aussi un livre dont je ne soupçonnais même pas l’existence, un livre de leçons de photo écrit par le très célèbre Stephen Shore.

Une very stylish fille

Et puis je suis allé à Paris, samedi, dans les grands magasins du boulevard Haussmann, je voulais aller sur le toit du Printemps mais il faisait déjà presque nuit quand je suis arrivé et puis de toute façon, je ne suis pas allé au Printemps mais aux Galeries Lafayette plus connues sous le nom de Galeries de la Fille ou Temple du Superflu et de la séduction clinquante ou encore Naos du petit cul qui se trémousse, c’est une question de point de vue et fichtre qu’il y avait du monde, dans les rues, sur les trottoirs et dans les allées, aux caisses et dans les rayons, jusqu’au plus haut de cet immense vrac de choses brillantes et de choses chères et plus chères qu’ailleurs, et puis toutes ces femmes, que des femmes – faut dire aussi que si on se contente de se promener au 4ème étage – pour celles (et ceux, mais bon) qui connaissent – ben c’est forcé qu’on soit noyé au milieu des femmes shoppingnantes parce qu’on est ici à l’étage Tendances de la femme, c’est un peu le Gotha du brillant de la marque du tendance et du c’est vraiment trop génial pour les femmes. J’adooooooooore…

Dehors les vitrines clignotaient miroitaient reflétaient cliquaient et tous ces gens horribles prêts à se monter dessus pour voir les vitrines animées et qui poussaient leurs enfants pour qu’ils soient les premiers et qu’ils puissent voir absolument en marchant sur les pieds et sur le visage de leurs congénères – leur inculquant dès le plus jeune âge les règles les plus élémentaires de la vie en société soit la traîtrise la couardise et le méchanceté, rien de moins que tout ce qu’on retrouve chez leurs chers parents et lorsque je vois de toutes petites filles vêtues de fourrure blanche, des vraies certainement et les pieds chaussés de souliers vernis de marque, je me dis que le monde n’est pas prêt de tourner rond, alors je change de trottoir, là où l’air est moins vicié et les gens moins puants et je dis à mon fils qu’on viendra un soir de semaine quand tous ces cons seront chez eux et je le laisse sucer son sucre d’orge en lui disant d’essayer absolument de se rappeler qu’on est encore en novembre et que Noël – ce n’est que dans un mois… On l’oublierait presque.

sucre d'orge

BIOHAZARD. NO TRESPASSING.

Je l’avoue. Parfois, je regarde TF1. Oui, je sais, le mythe s’effondre, le vernis craque après des années et des années de lutte acharnée contre la médiocrité et la prise de pouvoir des médias, mais aujourd’hui je le dis, parfois, je regarde TF1.
En fait, c’est plutôt pour la bonne cause, parce que j’adore regarde la série Les Experts, Las Vegas, qui est à mon avis une des meilleures séries américaines du moment avec quelques autres, et lorsqu’on les place au regard de tout ce qui se fait en France (je veux parler de ces séries aux audiences aussi minables que leurs acteurs – enfin si c’est ainsi qu’on peut les appeler – et que l’on ne produit que pour pouvoir les revendre à l’étranger), on a tôt fait de comprendre que les scénaristes ne sont pas des amateurs et que la recette fonctionne parfaitement.
En fait, ce n’est pas mon propos. Dans un des épisodes de la série, le mystérieux Gil Grissom se rend dans un endroit terrifiant qu’il appelle la Ferme des Cadavres, un lieu d’expérimentation où les cadavres sont laissés à l’air libre, en proie à la décomposition et surtout à la merci de l’appétit de petites bêtes voraces qui adorent pondre leurs progéniture dans la chair putrescente – chacun son truc. Ce lieu, je ne pouvais pas l’imaginer, existe réellement et apporte aux anthropologues et aux entomologistes de la police scientifique une aide précieuse. C’est ce qu’on apprend dans ce très bon article: The Remains of Doctor Bass. Il n’y a pas d’image sur ce billet, vous imaginez pourquoi et je vous invite à aller lire cet article avec précaution car les images peuvent s’avérer choquantes.
Via Boing-Boing.