Monthly Archives: October 2005

To address somebody as "tu"

Chacun des livres que j’ai lu s’associent d’eux-mêmes avec des ambiances, des moments plus ou moins agréables de ma vie et retrouver ces titres dans ma bibliothèque me replonge à chaque fois dans ces souvenirs. Mes vacances à Cabourg chez mes grands-parents sont indissociablement liées à trois auteurs, trois livres, trois personnalités que je me suis amusé à tutoyer et qui désormais font partie de ma vie….

  • Le style contre les idées de Louis-Ferdinand Céline, un brulot magnifique contre les intellectuels de son temps et l’ordre établi… Céline y explique pourquoi c’est son style qui prévaut dans son écriture, pourquoi il ne s’embarrasse pas de grandes idées conçues autour de la littérature, dans un élan vif et fiévreux, et égratigne au passage son grand ennemi, l’agité du bocal (petite merde accrochée aux poils de mon cul).
  • Les contes de la folie ordinaire de Charles Hank Bukowski. Le livre qui m’a fait connaître l’univers de celui qui est pour moi un des plus grands écrivains américains. La nouvelle La machine à baiser a été un révélateur dans cette littérature, et m’a naturellement conduit vers Calaferte, Henry Miller, John Fante et bien d’autres.
  • Le grand sommeil (1939) de Raymond Chandler. Etrangement, j’ai vu le film avec Lauren Bacall et Humphrey Bogart après avoir lu le livre et je dois avouer que j’ai préféré le livre. Je n’avais lu de polar avant celui-ci et après celui-ci, ce fut au tour de Dashiell Hammet et son faucon maltais. Je dois avouer que par la suite, j’ai eu beaucoup de mal à me replonger dans un polar. J’aurais mieux fait de ne jamais le lire…

Les ombres de la nuit – David Hamilton

david hamilton

Lorsque j’étais enfant, j’ai été baigné par les photos de Sarah Moon, les gravures de Sarah Kay et d’Arthur Rackham, mais aussi par les photos de David Hamilton. Dernièrement, j’ai compulsé un livre de ses oeuvres, dans l’espoir de me replonger dans ces ambiances faites de paysages de plages solitaires, nimbées de lumières filtrées, très désuètes, mais aussi de corps dénudés et lascifs, de natures mortes pour maisons de campagne.

Et puis, en feuilletant ce livre, j’ai fini par être passablement étonné par les photos de jeunes filles (ou de jeunes garçons) aux corps lisses. Au final, je trouve le travail assez tendancieux. Certes, exalter la beauté du corps est un exercice périlleux, a fortiori lorsque c’est fait avec des adolescents.

Je suis troublé… et du coup, je ne sais pas trop quoi en penser. J’ai l’impression que l’art a été supplanté par une vague tentative de transfiguration des corps et que tout ceci n’est qu’un alibi culturel pour masquer les déviances d’un esprit torturé.

Theme Park vertigo

Nous sommes des amateurs, nous autres, Français… Nous sommes petits et sans envergure. Nos parcs d’attractions sont petits, moches, sans grande ambition. Je me suis amusé à faire un peu le tour des plus grandes attractions dans le monde et les chiffres donnent le vertige. Bien évidemment, les USA arrivent en tête. Rien que d’y penser, j’en ai des nausées.

Kingda Ka

  • Millennium Force à Cedar Point, Ohio, un giga-coaster (sur le rivage) de 2010 mètres de long, et dont le point culminant est à 94 mètres. Angle de descente 80°, vitesse maximale 149km/h. Plus de chiffres ici.
  • Magnum XL-200, Cedar Point, Ohio, date de 1989. 62 mètres de hauteur maximale, angle de descente de 60° pour une vitesse de pointe à 115km/h. Plus de chiffres ici.
  • Scream à Six Flags Magic Mountain (Valencia, Californie), un loop coaster effrayant, avec sept inversions à 360 à une vitesse de 100Km/h. Plus de chiffres ici.
  • Kingda Ka, Jackson, New-Jersey, 50 secondes par tour, de taille modeste puisque sa longueur n’est que de 950.4 m, il monte quand même à 139 mètres dans une espèce de tour ahurissante. Plus de chiffres ici.
  • Hurakan Condor, Port Aventura à salou (Tarragone, Espagne), une tour de 100 mètres de haut depuis laquelle on fait une chute libre de 86 mètres. Visite en détail.
  • SheiKra, au Busch Gardens de Tampa, Floride. Seulement 61 mètres de haut, mais une descente à un angle de 87.5° pour 112Km/h. L’accélération est de 4G. Il faudra résister pendant 3 minutes sur une plateforme qui s’amuse à plonger pour looper juste derrière. Le film est vraiment impressionnant.

Records

  • Hauteur (en mètres): Kindga Ka : 139
  • Descente la plus grande (en mètres): Kindga Ka : 127.4
  • Longueur (en mètres): Steel Dragon 2000 : 2479
  • Vitesse (en kilomètres/heure): Kindga Ka : 206

Sources: ParkFun World

Tout ce qu’il faut savoir sur les montagnes russes et autres attractions déjantées se trouve sur ParkFun World et sur Coaster.

Stari Most

Il était le symbole de l’unité des communautés croates et musulmanes, sa belle silhouette enjambant les rives de la Neretva. Détruit en 1993 par les troupes croates de Praljak, le pont de Mostar en marbre blanc a été entièrement reconstruit sous la supervision de l’Unesco pour 12 millions d’euros.
Rencontre avec Gilles Péqueux, ingénieur responsable de la reconstruction du pont de Mostar.

Stari most

Shirahime Syo

A tous ceux qui considèrent que le manga est un objet de sous-culture, je conseille vivement la lecture d’un des plus beaux mangas qui soit. Shirahime Syo est l’oeuvre de Clamp (un collectif féminin de mangaka aussi séduisantes que talentueuses). On trouvera ici trois superbes histoires réunies par un seul personnage, le Princesse blanche, déesse de la neige, une histoire de fantôme qu’Akutagawa n’aurait pas renié. On est vite désorienté par le passage du prologue au premier chapitre et par le peu de rapport que les histoires ont entre elles. Ici, pas d’allégories, ni de métaphores, juste une histoire parfaitement scénarisée, des planches magnifiques (on regrettera toutefois le peu de pages couleurs), et toute la beauté d’une écriture maîtrisée.

Liens

Floppy Disc Art

On la croyait perdue depuis bien longtemps dans le cimetière des éléphants du monde informatique, mais la bonne vieille disquette 3 1/2 pouces a de la ressource. Son faible encombrement allant de pair avec sa capacité de stockage pour le moins bien désuète, elle constitue un support contraignant pour quelques geeks qui se sont amusés à créer à partir de ces données. Ainsi naquit le Floppy Disc Art ©, une certaine forme de minimalisme…

3.5″-compilation sur Fest-Platten propose une compilation de titres composés au format midi, ce qui implique la possibilité d’être lu sur la plupart des lecteurs. Mais rassurez-vous Fest-Platten fait aussi dans le MP3 et même le vinyl !

89mm est un projet de sauvetage du floppy-disc…. Original.

Le collectif No frequency a ouvert son blog: une autre façon de concevoir la musique et la vidéo.

A visiter également: Creating Digital Resources for the Visual Arts: Standards and Good Practice.

N&B

Deux des photoblogs que je préfère (bOaRDnim’s photoblog et Yamasaki Ko-ji) ont en ce moment une production très intéressante. Cette femme qui lit, ces gens au naturel et ces ambiances intérieures sont très granuleuses et chargées d’une force particulière. J’adore aussi ce grain et ces lumières que le noir et blanc exalte… Voilà de la vraie photo sans retouche ni saturation…

Yamasaki Ko-ji© Yamasaki Ko-ji

Météo marine

Pour les amoureux de la mer, la météo qu’il fait au-dessus des terres n’a presque aucun intérêt puisque le temps qu’il y fait est en général conditionné par la température de la mer et les dépressions et anticyclones générés par les marées. Et puisque sortir en mer sans se renseigner sur la météo à minima J+4 est pour ainsi dire suicidaire, voici enfin une ressource en ligne pour y voir plus clair. Mercator Océan est vraiment une source complète d’information sur la météo marine, complétée par de nombreuses cartes générées sur des périodes assez courtes.

Carte marine des températures en surface© Mercator Océan
Températures marines actuelles en surface, en présence de l’ouragan Wilma.

La matière du livre

Il fut une époque pas si lointaine où mes livres avaient le caractère du sacré et j’avais l’habitude d’en prendre un soin tout particulier. Quelques règles élémentaires s’appliquaient alors au moindre livre de poche à bas coût comme au livre relié.

  1. Je ne prête pas mes livres.
  2. Une fois lus, je les range par ordre alphabétique.
  3. La poussière accumulée sur la tranche haute est le témoin de l’intérêt que je lui porte.
  4. Je ne plie pas les pages, seuls les marque-pages sont tolérés.
  5. Un bristol y est inséré pour noter les numéros de pages, numéros de paragraphes et de lignes des phrases qui ont retenu mon attention.
  6. Je n’écris pas sur un livre.

Bref, tout ceci fait partie d’un temps révolu. Je lis bien plus de livres de poches qu’autre chose. Le format du livre ne m’importe plus guère et ce que, par snobisme idiot, je lisais autrrefois dans un format régulier, je n’hésite pas aujourd’hui à me le procurer au format de poche, pour une question pratique. Faible encombrement, transportabilité, discrétion…. Ces grands livres à l’écriture démesurée m’énervent, et je n’ai plus envie d’appliquer ce respect au livre d’éditeur, avec couverture fine en carton qui devient trop cher pour ce qu’il est. Aujourd’hui, un livre est pour moi un instrument de savoir, le coeur ouvert d’un écrivain, et le papier n’est qu’un médium, certes charnel et organique, mais seulement un médium. Mes livres de poche, j’aime les triturer, témoigner de mon passage sur des pages qui vivent et renvoit l’image des mots, je n’hésite pas non plus à corner les pages pour marquer les endroits dignes du plus haut intérêt, à souligner au crayon à papier les jolis mots et à indiquer sur la page de garde, le numéro des pages marquées.

J’ai désormais un rapport vivant au livre, quelque chose qui ne l’enferme pas dans sa stricte fonction. Il n’y a plus guère que mes quelques livres de la Pléiade qui ont le droit à une attention excessive….

bibliothèque