Category Archives: You see what I mean

You see what I mean – Notes

J’ai pris quelques notes en marchant, comme selon la légende, un stylo et une petite feuille dont les bords se sont cornés dans le sac, un air d’une musique joyeuse comme celle sortant du fifrelin du joueur de flûte de Hamelin,de la gaité dans l’air, quelque chose de léger, primesautier dans lequel se reconnaisse les âmes joyeuses. Il y avait du vent dans les grands saules sur le bord du chemin, les cheveux dans tous les sens et l’odeur de l’air sur la peau. Quelques notes montant au loin, comme d’un bal champêtre ou d’une fête paillarde, païenne peut-être, une bourrée ou une sarabande, à moins que ce soit une gigue…

n° 33 Notes

Notes

« You see what I mean » comme une affirmation, ou comme une question, une question qui amène une réponse à l’autre bout du monde, ou plutôt deux questions qui interrogent le monde et par lequel on répond avec l’œil du spectateur au travers de l’objectif. C’est le défi auquel nous nous plions Fabienne et moi, une fois par semaine autour d’un thème choisi d’un commun accord. L’orientation choisie, nous nous faisons la surprise de l’image avec notre personnalité, notre regard, notre sensibilité, pour donner naissance à de nouvelles perspectives qui étonneront certainement autant les visiteurs curieux que les auteurs.

You see what I mean – Pourpre

Personnellement, j’ai du mal à savoir exactement à quoi correspond la couleur pourpre du Caire. C’est une des couleurs que j’ai le plus de mal à fixer et à reconnaître. La faute à l’anglais peut-être qui nous induit en erreur avec son purple qui n’a rien à voir avec le pourpre et qui pour le coup correspond au violet “archevêque”. Historiquement, le pourpre vient d’un coquillage, du Murex ou “rocher fascié” et je me souviens d’une anecdote disant que les arabes d’Essaouirah au temps de l’Empire Romain, familier du précieux coquillage en teignait leurs vêtements de tous les jours et lorsque l’Empereur de Rome, l’Imperator, seul habilité à porter le pourpre, vit cette population oser porter les mêmes couleurs que lui, fit massacrer les outranciers.
Lorsque ce n’était pas encore une question de couleur de peau, mais d’habits…

n° 30 Pourpre

Murex

Oui, ceci n’a rien à voir avec le Murex, c’est une vulgaire casserole de moules.

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You see what I mean – Détruire

A la simple idée que tout ce qu’on bâtit dans l’intervalle de temps pendant lequel on se trouve sur terre, à l’idée de tout ce qu’on transforme et qu’on a un peu trop tendance à abandonner dès lors que les caractéristiques de la nouveauté ne sont plus là, je me dis souvent que la possession a pour moi quelque chose de répulsif. Je me suis tellement attaché aux choses, je me suis tellement amouraché de petites choses sans intérêt qu’à présent, je n’ai plus d’intérêt à revendiquer la propriété de tout ce qui auparavant faisait mon environnement.
Au fur et à mesure des années, je me suis attelé à me débarrasser de tout le superflu, de tout l’inessentiel, pour ne finalement m’intéresser qu’aux quelques objets qui méritent vraiment qu’on les aime pour leur valeur de rareté, parfois sentimentale. Il y a quelque chose de franciscain en moi, depuis longtemps déjà. Au faste du pouvoir, je préfère la richesse — et parfois l’orgueil — de l’intellect, m’appliquant sérieusement à détruire toute trace de propriété autour de moi.
Là où aimer et détruire n’ont jamais été antinomiques.

n° 29 Détruire

Détruire

« You see what I mean » comme une affirmation, ou comme une question, une question qui amène une réponse à l’autre bout du monde, ou plutôt deux questions qui interrogent le monde et par lequel on répond avec l’œil du spectateur au travers de l’objectif. C’est le défi auquel nous nous plions Fabienne et moi, une fois par semaine autour d’un thème choisi d’un commun accord. L’orientation choisie, nous nous faisons la surprise de l’image avec notre personnalité, notre regard, notre sensibilité, pour donner naissance à de nouvelles perspectives qui étonneront certainement autant les visiteurs curieux que les auteurs.

You see what I mean – En face

Je tente de comprendre qui sont ces gens qui évoluent au travers des vitres, de l’autre côté de la vie, dans l’autre immeuble. Un vis-à-vis pas tout à fait à vis, mais quand-même, du septième étage, pas besoin d’être complètement en face de chez eux pour voir ce qui se passe sur leur balcon ou dans leur cuisine. Il y a un couple qui a refait sa cuisine en vert acidulé et qui attise ma curiosité, ils ont souvent des invités et passent leur temps à faire la cuisine. Il y a un couple de personnes âgées dont la disposition des meubles n’a rien à voir avec chez moi. Ils ont inversé salon et salle à manger, à moins que ce soit moi qui n’ai pas fait comme les autres. Les stores se ferment tous les soirs à 19h00 pétantes. Mais surtout au quatrième étage, il y a cette femme brune aux cheveux courts, une belle et grande femme au teint hâlé, au maintien hautain, et qui malgré cela cueillait des feuilles de menthe sur son balcon ce matin en peignoir bleu ciel, désacralisée mais toujours belle. En face, il y a toujours des inconnus dont on ne voit que des bouts de vie, dont on pense connaître de minimes tranches fines d’existence, dont on prend l’habitude, des inconnus dont on connaît les lumières, les horaires, dont on voit le lieu de vie en totale symétrie, des meubles différents, des rideaux aux couleurs qui ne nous plairaient pas, mais malgré tout le temps qu’on pourra passer à tenter de comprendre leur vie, ce seront toujours des inconnus. Et ils seront toujours en face.

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You see what I mean – Les pieds dans l'eau

– Vous verrez, vous serez bien ici, vous avez tout le confort tout ce qu’il vous faut, les commerces à proximité, juste en bas vous avez une petite boulangerie qui vous réveillera le matin avec la bonne odeur des croissants, à une centaine de mètres une supérette, une rôtisserie et un café, un charcutier traiteur — de délicieuses bouchées à la reine, croyez-moi — un tabac et un kebab — allez savoir ce qu’il fout là celui là — et vraiment vous vous sentirez ici comme chez vous — comme à la maison comme on dit — en espérant que vous passerez de bonnes vacances. Oh vous savez, ce n’est pas l’hôtel des flots bleus ici mais vous serez bien avec cette petite location, résidence avec les pieds dans l’eau.
– Oui d’accord, mais si on veut se baigner plus ?
Regard consterné de la fille derrière son bureau de l’office du tourisme.
– C’est à dire que je viens de vous le dire, vous aurez les pieds dans l’eau.
– Oui, ça j’ai bien compris, dit le père de famille en serrant plus fort sa sacoche en cuir, mais on veut se baigner plus que les pieds.
– Ah d’accord… Je comprends. Eh bien pour se baigner plus que les pieds…
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You see what I mean – Couverture

C’est fou, il y a des mots comme ça, qui ont tellement de sens différents que ce ne sont plus des mots valises mais des mots malles, ou des mots fourre-tout. Il y a quelque chose de cocasse en lui. Couverture ; on songe à la couverture du lit, du livre, à celle qui fait qu’on est protégé, on parle également de couverture quand on parle de nuages ou alors de neige, on parle aussi de couverture en pâtisserie.
Il fait partie de ces mots tellement évocateurs et désignant un tel état de fait qu’il peut adopter une multitude de sens. Placé dans une petite phrase, il perd son sens si la phrase elle-même ne le lui explique pas plus précisément que ça.
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You see what I mean – Sous les semelles

Sous les semelles il y a le béton, il y quelques étages et aussi quelques obstacles ; autant de choses qui empêchent d’aller plus loin. Entre le béton et les semelles, une douce analogie qui ne me laisse pas de marbre et qui en dit plus que je ne le pensais à l’origine. Aujourd’hui, je pensais acheter deux livres qui me font énormément envie. Le premier est un inédit de Bouvier. Lorsque je l’ai vu en rayon, je me suis dit que comme j’avais chez moi son Quarto Gallimard, je l’avais forcément, mais apparemment, ce sont ces carnets inédits. Le second est un livre que j’ai vu vendredi à la bibliothèque, un livre d’Amina Okada sur le Gange, un de ces livres superbes et lumineux qui donne envie de s’asseoir au milieu du rayon et de ne partir que lorsque quelqu’un daignera me foutre dehors ou lorsque la nuit tombera.
Finalement, je suis reparti sans ces livres, mais en ai acheté quatre, flinguant en une salve désordonnée mon budget culture du mois. Un Depardon (Le tour du monde en 14 jours, 7 escales, 1 visa), un collectif au petit Mercure de France (le goût de l’Abyssinie), un Pierre Loti rare et sublime pour en avoir déjà lu quelques pages (L’Inde sans les Anglais) et une encyclopédie du Bouddhisme payée un prix dérisoire.
Bien évidemment, je n’avais pas besoin de ces livres, mais le besoin s’en est fait ressentir et pour rien au monde je n’aurais pu ressortir de cette librairie sans le quart de la moitié de ces pages. Aussi, en franchissant le seuil les bras chargés de ces opus, je me suis senti comme dépité et me suis dit que définitivement, ce n’était pas comme ça que je pourrais partir en voyage sur les traces de ces hommes aux semelles de vent (Loti a plus voyagé en son époque que la plupart des grands voyageurs de nos jours). Tu choisis mon Romuald, dépense ton argent en livres ou bien pars.
Décidément, j’en ai encore sous les semelles… Continue reading

You see what I mean – Le jeu

Je me souviens d’un film qui s’appelait The crying game, une histoire d’enlèvement, d’engagement, de serment, un film dont je n’ai jamais vraiment compris le titre et qui reste mystérieux et c’est tant mieux ; son charme reste intact et je garde cette histoire que je n’ai qu’à moitié comprise comme encore enveloppée de ses atours délicats… The crying game, je ne saurais même pas comment le traduire… Mais j’imagine un jeu où il faut pleurer, ou alors un jeu qui fait pleurer, drôle de jeu puisque le jeu est censé divertir, amuser. Un bel oxymoron semble-t-il…

n° 23 Le jeu

oiseau

« You see what I mean » comme une affirmation, ou comme une question, une question qui amène une réponse à l’autre bout du monde, ou plutôt deux questions qui interrogent le monde et par lequel on répond avec l’œil du spectateur au travers de l’objectif. C’est le défi auquel nous nous plions Fabienne et moi, une fois par semaine autour d’un thème choisi d’un commun accord. L’orientation choisie, nous nous faisons la surprise de l’image avec notre personnalité, notre regard, notre sensibilité, pour donner naissance à de nouvelles perspectives qui étonneront certainement autant les visiteurs curieux que les auteurs.