J'avais tellement envie de ne rien te dire que ça me faisait mal

body

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.


Il s’est trouvé que ça c’est trouvé comme ça, c’était pas plus compliqué que ça, juste l’envie de ne pas parler parce que les mots sont chargés d’une sorte de puissance lorsqu’ils sont proférés à la volée dans l’air comme ça quand tu chantes ou que tu parles parfois même un peu trop fort, un peu au-dessus du lot un peu au-dessus de tout. Je me suis tellement perdu dans les mots, dans les histoires du passé dans les méandres du temps, un temps que je ne maîtrisais pas, des circonvolutions spécieuses et sans arrêt en décalage que j’ai fini par tout laisser tomber. Tu sais.
Quand je regarde derrière moi et que je vois la place vacante laissée, tout ce néant qui n’a plus de signifiant, j’essaie de me raccrocher à ce que je peux, et à défaut, j’efface à grands coups de gomme tout ce qui me déplait comme sur un grand carnet de croquis taché de mauvaises esquisses baveuses, je tire des traits, je biffe et caviarde, laisse des trainées de gomme qui s’enroulent autour d’elles-mêmes comme de petits étrons grisâtres lâchés là. J’efface et ce qui n’est pas encore effacé le sera forcément un jour. Je me souviens de tes mots (toi en particulier) lorsque tu m’as dit que je ne laissais pas de trace là où je marchais mais que nécessairement ce que j’écrivais ne pouvait que toucher et ne pas laisser insensible, mais je ne le fais pas exprès, tout ce que je fais, c’est écrire, déposer là quelques mots qui pour moi sont comme ma chair et mon sang et après les gens en font ce qu’ils en veulent, c’est vrai, moi je m’en fous après tout qu’on me lise ou non, qu’on me dise qu’on a lu et qu’on a trouvé ça bien, et puis je m’en fous d’autant plus que pour moi écrire n’est pas un besoin vital, je pourrais très bien m’en abstenir après tout, c’est juste que j’aime ça alors voilà, je te donne tout ça et ça peut très bien ne pas te plaire, ne pas te plaire du tout, mais que veux-tu que j’y fasse, ce n’est pas mon problème. Moi tout ce qui me plait c’est la corporéité de l’écriture lorsqu’elle est en phase avec le corps avec la chair en relation directe avec l’expression de ma pensée comme si elle n’était qu’un corps qui bouge et qui danse, transi d’émotion sensuelle, transporté par l’orgasme et tu ne diras pas le contraire chacun de mes mots contient ça en lui toute la potentialité des carnations tu le sais parfaitement parce que tu le ressens quand tu lis, allez dis-le, tu peux le dire, et puis merde, ce n’est pas bien grave parce que ça ne change rien à ce que je suis. Je m’en contre carre. Avec cette expression qui vient de mon père, je m’en contre carre. Super. J’adore.
Tu vois j’aime bien les dance floors parce qu’ils sont silencieux autant qu’ils sont licencieux lorsqu’ils ne sont plus que mouvements intenses et délibérations de la chair, quintessence de la séduction la plus élémentaire aux sons telluriques – on dit comment maintenant, telurik non ? – des percussions qui résonnent dans la poitrine et les corps qui se démènent dans une gigantesque vague de sueur et d’odeurs ne parlant qu’un seul langage, disant tout bas lorsque la musique assourdit et cache les mots « J’ai juste envie de toi » voilà c’est juste ça et pour moi l’écriture c’est ça c’est dire ça, « J’ai juste envie de toi ».
Bret Easton Ellis disait « il n’y a rien de pire qu’être contredit et défoncé »… Contentons-nous de n’être rien de tout ça. On a besoin d’ouvrir les yeux. Enfin, surtout moi.

body

Moog & groove

J’avais déjà évoqué les vertus du Moog et l’incroyable palette de sonorités que cette instrument d’un autre âge est capable de produire, alors lorsque j’ai compris que ce blog était entièrement consacré au Moog et à toutes sortes de synthétiseurs paléolithique, je me suis rué comme un fou pour voir ce que ça donnait, et là, j’ai redécouvert un milieu vintage et terriblement décalé.De plus, on peut y télécharger la plupart des titres présentés et même des pochettes de LPs totalement hors d’âge. Un must. A visiter également moogsensations, un blog surprenant qui groove comme il faut.

The Carmets

Карма

Карма, c’est comme son nom ne l’indique pas, 57 minutes de bonheur karmique venu de Russie. A télécharger de toute urgence. Avec ça, impossible de ne pas passer une bonne journée. Surprenant et indispensable…

Sharon Jones & the Dap Kings

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.


Découverte hier soir chez Tracks, qui n’hésite pas à proclamer que la vraie Amy Winehouse, la vraie reine de la soul, c’est elle, elle sait faire bouger les fesses comme personne. Sharon Jones est une guerrière flanquée d’une bande de joyeux drilles au look vintage et qui ne se produit que grâce à la qualité exceptionnelle de Daptone Records, un label qui ne jure que par la Motown et qui n’hésite pas à enregistrer ses morceaux sur vinyle en une seule prise sur de vieux seize pistes à bandes magnétiques et avec des micros hors d’âge que leur jalouserait Benny Goodman. Un son soul et funky incomparable. Shake ya’ booty…
Les vidéos ci-dessous. Continue reading “Sharon Jones & the Dap Kings”

Quelques petites choses

Aujourd’hui, je n’ai pas fait grand chose.
J’ai fait sourire quelqu’un qui avait l’air triste – just sad – enfin je crois, grand prétentieux, va. Et c’était vraiment très agréable…
J’ai appris qu’il neigeait en Camargue… (personnellement, je trouve que ça a beaucoup de panache et que la neige est tout sauf triste…)
J’ai appris que c’était Minnie Ripperton qui chantait la chanson de la superbe pub (si si) pour H&M.
Je me suis surpris à rêver du Japon industriel
Et l’Araignée m’a fait rire.

Et puis ce soir, je lis ça… Oui oui, Stephen Shore.

Stephen Shore

Jonas Hellborg

Il fait partie des grands bonshommes de la musique, avec ses instruments étranges, ses fretlesses (guitare basse sans frettes, ces petites barres de métal transversales permettant de bloquer les cordes sur le manche) et ses basses à deux manches. Je l’ai vu une fois sur scène il y a des années, le crâne rasé et une énergie folle qui déchire les traits de son visage.
Véritable expérimentateur musical – comme Jaco Pastorius en son temps -, il a littéralement transcendé l’usage de cet instrument parfois injustement considéré.
A côté de lui, on peut voir “Mahavishnu” John McLaughlin médusé par la performance. Continue reading “Jonas Hellborg”

Miles, Kind of blue

Une affiche exceptionnelle. 1962.
Miles Davis, Julian “Canonball” Adderly, Paul Chambers, James Cobb, John Coltrane, Bill Evans, Wynton Kelly.
Pour un morceau d’exception à emporter partout avec soi.

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.

Miles Davis

Un couloir d'hôtel

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.

couloir hotel

Juste comme ça, parce que j’aime bien cette photo et qu’elle me rappelle un texte que j’avais écrit un jour, un texte ou un fantasme, je ne sais plus, un fantasme ou la réalité, je n’ai jamais bien su. Je n’étais pas vraiment là, ce n’était pas vraiment moi.
Avec un morceau de Shaft, Isaac Hayes, qui s’y prête bien.

Gabriella Cilmi

Gabriella Cilmi

Audio clip: Adobe Flash Player (version 9 or above) is required to play this audio clip. Download the latest version here. You also need to have JavaScript enabled in your browser.


Tout simplement divin…

Le blues de la maison rouge

Jimi Hendrix

Lorsqu’on pense Jimi Hendrix, on pense guitare électrique saturée, amplis Marshall[1] à ampoules, une guitare qui prend feu sur scène et les interminables Larsen. On pense morceaux qui durent dix minutes, on pense Woodstock, on pense drogue et destin tragique, mort solitaire à un âge dérisoire. Quant à chercher ses disques dans les bacs d’un disquaire (oui, je sais, j’ai un peu l’impression de parler d’une autre époque), cela relève de la gageure. Doit-on chercher dans Rock’n’Roll ? Rythm’n’blues ? Hard Rock ? Non. On a parfois du mal à l’imaginer lorsqu’on l’entend, mais Jimi Hendrix, même s’il a inventé la musique moderne en seulement quatre ans de carrière internationale, s’il a inventé des sons inconnus jusque là, une façon de jouer inégalée, un style purement hippie qui ne convenait qu’à lui, Hendrix était avant tout l’héritier des plus grands bluesmen du sud des États-Unis. Sous les flonflons et les boas roses, se cachaient un grand connaisseur du blues noir, un musicien rigoureux qui n’hésitait pas à en faire des tonnes et qui malgré les effectifs restreints de l’orchestre et parfois même sa seule présence, réussissait à remplir l’espace et à le combler magistralement. C’est l’aura des magiciens.
Ci-dessous, la vidéo de Red House à Woodstock.
Continue reading “Le blues de la maison rouge”