Voici un lieu extraordinaire qui malheureusement n’est pas forcément accessible au commun des mortels. Situé dans le 8è arrondissement de Paris, le Pershing Hall est un des lieux les plus hypes et aussi les plus chers de Paris, mais ce qui fait vraiment son originalité, c’est ce mur de végétation exotique qui clôt la cour intérieure. Le jardin vertical est un véritable chef-d’oeuvre réalisé par le jardinier et chercheur aux cheveux verts Patrick Blanc.
Jardin Majorelle à Marrakech
Un petit voyage. Aujourd’hui, sous le climat froid de Paris, je vous emmène à Marrakech, voir le Jardin Majorelle, une demeure magnifique appartenant à Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.
Toute peinte de bleu et ouvragée dans le plus pur style arabo-andalou, c’est aussi jardin délicieusement agencé où résident des essences rares autour d’un vaste réseau aquatique de fontaines et de canaux.
Voir aussi le site de Helge Fahrnberger, magnifique.
Bloglist
Liste sans cohérence aucune, faite des blogs que j’aime et que je lis, non-exhaustive… Sans ordre non plus, juste des liens, des commentaires, des coups de coeur… Cinq blogs par jour, histoire de faire le tour de la question le plus vite possible.
Mise à jour le 08/12/05
08.12.05
- Une autre vie de Tatou: intime, souvent émouvant et drôle, Tatou est une personnage, un vrai.
- Vagabondages: un très bon blog sur la bibliothéconomie, par Thilas.
- Vagues gribouillis: Sok est un personnage que j’ai du mal à qualifier, mais c’est une personne qui arrive toujours à me faire relire plusieurs fois ses billets.
- 20/20: l’excellent Vinvin découvert il y a peu, un grand vidéoblogueur qui ne se prend pas au sérieux.
- Vol de mots: Etolane de mon coeur, une des premières à m’avoir lu.
- Webeyes: pas vraiment un blog, mais c’est du David, alors c’est forcément bon.
- Yakalire: Un autre blog littéraire où les jeux de lettres sont rois.
- Yvonet: Un de mes blogs préférés, par Minh Quang, certainement un de mes plus anciens lecteurs.
- Zengun: tout nouveau dans ma liste, je découvre doucement.
- SchizoCath: versant féminin de BLuPatato, très rythmé…
- Ma Parole !: Un blog très inventif, un incontournable…
02.12.05
- Netwizz jungle: un blog pour les geekounets, clair, beau design, un peu trop de tags, mais c’est pas grave…
- OBNI: un OVNI de la blogosphère, jeux littéraires et autres jeux de mots…
- Nimwendil: De Rouen à Paris, le blog d’un amateur de fantasy.
- On dirait le sud: L’excellent photoblog de l’excellentissime Romu.
- Où est Olivier: Finie la plage, Olivier est en vadrouille et on aime ça.
- Les pensées de nam-nam: De la Thaïlande à la Suisse, suivez nam-nam au quotidien.
- Pete’s World: De Pétruche à Pete, je suis, même si les billets sont rares, je suis un fidèle.
- Pierre’s life: Un autre Pierre, que je suis également avec fidélité.
- ShinoBlog: Amateur de jeux vidéo et autres japonismes, Shinobufan, que je connais depuis pas mal de temps maintenant a une air raffraichissant.
- Standblog: Bon Standblog c’est Standblog, pas grand chose à ajouter…
- Taian Akita: Ma grande-soeur de blog. Je ne sais pas si elle reprendra un jour son blog, mais c’est en partie grâce à elle que j’en suis là aujourd’hui.
- Carnet: Franck Paul: J’aime beaucoup, j’y passe de bons moments. J’adore.
- Un blog inutile de plus et son corrélaire Un photoblog inutile de plus: Je connais Julien depuis pas mal de temps et je ne peux m’empêcher, en le lisant, de penser que l’inutile a du bon…
09.11.05
- Les petites cases: Le blog de Got, un des derniers nés que je lis avec passion. Forcément, ce n’est pas tout public, mais j’aime.
- lolo²: Etrange relation que j’entretiens avec ce blogueur, un coup nous nous lisons, un coup nous ne nous lisons plus, ça dépend du vent. Nous avons même failli nous rencontrer à Paris-carnet… et pourtant, nous étions dans la même salle…
- Lulu’s life in cornland: Miss Lulu est un personnage déroutant, tantôt presque sérieuse, tantôt incroyablement délirante, c’est un personnage mythique de la blogosphère…
- Ma Plage: Il est là, il n’est pas là… C’est mon geek préféré…
- Mélismes: Atypique blog, cinglant, drôle… Un bon blog.
- Mitternacht Reloaded: Ma geekette préférée…. personnage étrange à la dent dure… du solide.
- Métaphore, il fait froid dehors !: Ceux qui connaissent bien Dotclear connaissent forcément Xave, certainement le plus déjantés des Dotcleariens…
07.11.05
Spécial photoblogs
- Chromogenic
- L’oeuf de canard: Un très beau blog par une blogueuse exceptionnelle.
- Un photoblog inutile de plus… L’excellent photoblog de Julien
- slower.net Portraits
- Razzi’¢s Photolog Images et moments volés
- Ecritures Encore un photoblog hollandais, mais un peu plus blog que photo
- Photos Gallery Galeries de photos du Japon. Du bonheur…
- [Peinture Fresh] [Graffiti] [Redesign] Création de Graffiti & Creation Graphique Tags
- No Traces Photos sombres, mais pleines de vie
- Monday Morning Photo Blog Le photoblog de Blork
- moemoea Pas vraiment un photoblog, mais une vision particulière de l’image
- La Funambule – Regards Regards sur un monde de beauté
- keoshi.com :: photoblog Visage, visage…
- IPlog C’est beau, c’est tout…
- Indicible Pas vraiment un photoblog, mais c’est pas grave
- Home of Toronto Area Photoblogs :: Main Page Comme son nom l’indique
- halftone* a photoblog Que dire ? Sinon que j’aime beaucoup
- FlickrBlog Le photoblog commun des photoblogueurs de Flickr
- f/1.8 Un classique, des photos épurées, de l’art….
- Everyday Matters. “Do not fear mistakes. there are none.” Miles Davis said that. Plutôt un sketchblog, mais ça vaut vraiment le coup d’oeil
- Digital Dreaming :: Photography Un photoblog islandais, des petits bijous, rares, mais beaux
- dan’s outside : dan’s outside Photos des grands espaces
- CHIAROSCURO Des photos d’une pureté sensible… du beau travail
- Catchy Colors Photoblog Un photobog plein de couleurs
- c h r o m a s i a / 11 July, 2005 / in the foreground Un des photoblogs les plus connus, des images somptueuses
- brownglasses.com – photographs by rachel james Photoblog hollandais, un des premiers que j’ai découvert, la vie hollandaise en photo
- BaRFLy Un photoblog français très sobre, très original
- Adam Polselli Pas vraiment un photoblog mais plutôt un blog sur le design, avec des photos à la clé…
- A Walk Through Durham Township, Pennsylvania – Photography by Kathleen Connally Un blog que j’ai découvert grâce à Candy Froggie, un photoblog plein de couleurs…
- [daily dose of imagery] Un classique du photoblog, de très belles images, une dose quotidienne.
03.11.05
Pas de blogs, mais de la lecture quotidienne….
- | SilenceRadio.org | Du son, du son, encore du son….
- ARTE radio.com : Reportages, témoignages et bruits pas sages Arte mais version radio
- 10×10 / 100 Words and Pictures that Define the Time / by Jonathan J. Harris L’information en photos
- newsmap Un site en flash pour une information claire
- MSN-Mainichi Daily News
- Nikkei Net Interactive – Japan Business News Online Journal économique japonais
- Sankei Web ?? Op-Ed Colmun English Version Version anglaise d’un journal en ligne très intéressant
- The Japan Times Online Le Times, version japonaise
- asahi.com – ENGLISH Le site de l’Asahi Shimbun, une référence…
02.11.05
- Just Call me Pep: Alors qu’il vient d’annoncer sa fermeture, dans l’espoir d’un reboot, je le mets tout de même ici. Précieux pourvoyeur de geekeries dotcleariennes.
- Kozeries en dilettante: Blog de Koz, c’est un peu comme une fleur isolée au milieu d’une prairie. On ne remarque qu’elle…
- Mon île: Leur île à tous les deux, Ebb et Hoedic, duo de choc dont je ne connais qu’une moitié, charmante. Un grand blog, un des premiers à m’avoir remarqué dans ce fatras.
- La lanterne brisée: Une des dernières entrées dans ma blogliste, précieux BDblog dans une atmosphère qui me sied à merveille.
- Le Blaugue à Beleg: Un gentil fou encore plus productif que moi, un bazar de liens toujours très pertinents.
- Le blog médiocre de BabOOn: L’ami BabOOn est l’archétype du blogueur insaisissable, totalement prodigue d’anonymat et de billets qui vont droit au but, ami de SVM. Et toc, j’ai réussi à le caser.
- Le blog à Ollie: Encore un blog helvète et très productif.
- Le coin du fourreux; ça part dans tous les sens, mais c’est tellement bon…
- Blog-art / Leary-calls: Un blog très bien fait sur l’art et les nouvelles tendances, un vrai must en la matière, même si après une absence d’un an et une apparition éclair, l’auteur semble à nouveau ne plus être là… Dommage, vraiment.
- Les Mers Veillées: le blog d’une charmante marseillaise, le blog lui-même a semble t-il quelques soucis techniques à l’heure qu’il est, mais sinon, c’est un blog où il fait bon vivre…
31.10.05
- Hippopocampe: Un blog laconique, décalé, avec beaucoup d’humour dedans et un design proche de la perfection.
- Hmmmmm…..Blog: Encore un blogueur que je connais depuis longtemps, des petites choses comme ça qu’il veut dire, il les dit là.
- Hou-Hou Blog: Encore une personnalité de la blogosphère qui produit moins qu’à une époque mais reste toujours très pertinent. Un must.
- Inside: A l’intérieur de quoi ? et Qui est Zaza ? Restent deux questions en suspens… Inside est un mystère pour l’humanitosphère.
- Heures Creuses: Pas besoin de présenter Chryde non plus, je suppose, mais ce que j’aime surtout sur ce blog, c’est l’ambiance très parisienne qui y règne.
- Japan Time: Un très bon blog en français sur la vie au Japon. Des articles de fond, un blogueur à fleur de peau, une atmosphère apaisante.
- Jeans, prose et patchouli: Le blog de France, je lui ai dit plusieurs fois qu’elle devrait faire publier ses billets, peut-être un jour, sait-on jamais. Un très bon blog, écrit avec une verve incroyable. A lire de suite.
- Jeux de plüme: Un autre blog de Fabienne, encore tout jeune pour le moment, à suivre de près.
- Joey “The world is not enough”: Très bon blog naturellement, étant donné qu’il utilise un de mes thèmes, c’est un blog relativement jeune, mais il faut y aller, ça promet.
- Just Blog It: Un blog pour suivre ce qui se passe dans ce monde de blogs…
28.10.05
- Embruns: Est-il encore nécessaire de présenter le blog du Capitaine ?
- Enroweb: Blog sombre, sobre, bien présenté et aux billets rares et précieux.
- Entre zéro et un: Nicolas, je l’aime (pas uniquement parce qu’il a dit un jour que mon blog était un des meilleurs blogs francophones) parce que c’est l’archétype du blogueur absent. Même quand il n’est pas là, son blog impose par sa présence. Devant l’insistance du tenancier de ce blog, je dois ajouter qu’il a repris une activité tout à fait normale.
- Fourre-tout: Un blogueur rencontré IRL, un type surprenant, à l’intelligence fine et décalée. Quelqu’un que j’aime beaucoup aussi bien dans son blog qu’en dehors.
- Figoblog: Un blog sur la bibliothéconomie et les figues, que je connais depuis ses débuts. J’ai également rencontré Manue et c’est une personne délicieuse, que j’apprécie énormément. J’aime, voilà.
- Helge’s Blog: Un type étonnant qui n’hésite pas à passer de l’Allemand à l’Anglais et au Français avec beaucoup d’aisance. J’ai découvert son blog grâce à ses photos de la villa Majorelle et depuis, je ne le quitte plus, même s’il s’est arrêté depuis le mois de juillet.
26.10.05
- Blog à l’ouest: Ceux qui me connaissent savent que Romu et Romuald, c’est une grande connivence. Nous ne nous sommes vus qu’une seule fois, et peu, mais nous nous parlons souvent par mail. Un type bien qui aime la mer, un photographe talentueux, un grand blogueur.
- Blog de Sébastien: Un français aux Etats-Unis, grand amateur de nature qui nous donne à voir des paysages magnifiques. Un blog rare et précieux.
- Blog photos du Japon – voir le Japon autrement !: L’auteur de ce blog, David, est un type exceptionnel. C’est Jed All qui m’a conseillé cette adresse et depuis je n’en suis pas revenu. Pour moi qui cherche de quoi découvrir le Japon, cette adresse est la bonne. De nombreuses photos, des articles complets écrits par un vrai connaisseur, ce blog est un incontournable de ma blogliste.
- BlogOkat: Catherine nous parle de bibliothèques, de technologies de l’information, d’archivage et de nombreuses choses qu’elle m’apprend à chaque lecture.
- Blurry Narcissus # Weblog: Un blog totalement insaisissable, j’ai du mal à imaginer qui se cache derrière. Très beau design (daté du 26/10/05), billets trop rares à mon goüt, mais c’est du bon.
- Candy Froggie’s Oiled World: A l’heure à laquelle j’écris ce billet, l’illustratrice qui écrit sur ce blog doit être bien entourée, si j’en crois son billet lapidaire du 21 octobre dernier. Un blog d’un autre monde dont je suis fan.
- Carnet de bord: Le blog de ma Fabienne adorée. Elle est moi, c’est une longue histoire, on se connaît depuis bien longtemps et c’est à l’époque de mon premier blog que nous nous sommes rencontrés. Dans mon coeur…
- Clavardage: Jean-Marc Bondon tient un blog très méthodique, c’est quelqu’un qui se pose beaucoup de questions et du coup, je ne sais pas si son blog est toujours ouvert ou non.
- Coyote des neiges: découverte via France, un blog qui parle de beaucoup de choses, un blog foisonnant…
- Do androids dream of electric sheep: Le blog de Martin de Candy Froggie, il est tout neuf, tout en anglais, très beau design. Martin est un peu blog-fainéant… Alors il faut le pousser de temps en temps.
25.10.05
- “borgo is alive”: Le blog de l’ami Borgo, le blog-ami des premières heures, celui qui est toujours là, près du coeur et qui me rappelle aux heures joyeuses et aux doux moments passés sur nos blogs…
- .¤° BLu PaTaTo °¤.: La patate bleue, qui se définit comme Inutile et Superflu, un blog fait de beaucoup de choses…
- 09h09: Dans la veine des boring-weblog, un des meilleurs. Jean-Michel est un blogueur maniaque, et je l’adore.
- 64k: Blog à deux mains, très beau design, contenu pertinent, bref, un bon blog…
- Freakydoll: Blog avec des morceaux de gel décoiffant dedans… Très caustique, il va droit au but. Efficace, quoi.
- Affleurements: Blog minimaliste mais également efficace, par un type avec qui j’ai beaucoup aimé parler…
- Araignée au jardin: Le blog d’une mignonne araignée sur la toile.
- AutchoZ de A..à..Z: Un blog qui parle souvent d’AutchoZ…
- alexwebsite.free.fr // WEBLOG: Design agréable, des billets trop rares, un endroit sympa.
- Aliquid Stat Pro Aliquo: Il le dit lui-même, son site n’est pas un blog, mais ça y ressemble. Un très bon
siteblog. - Ambiome.Net:Carnet virtuel: Lorsqu’une blogueuse parle avec le langage vrai, ça donne le blog d’Ambiome… J’adore.
- Benoitbisson.com: L’ami de Montréal, un bonhomme à la voix suave et profonde, un blogueur hors-normes.
- Blog – A Window on my soul: Le blog de Mélisande, des mots dans au travers d’une fenêtre, à fleur de peau.
Flesh like marble
Du côté du marché Saint-Pierre, lorsque finalement j’ai réussi à abandonner ma voiture sur le boulevard Rochechouard (ce qui relève de la performance un samedi), je me suis dit qu’il faudrait un jour faire un choix dans cette ville impossible qu’est Paris. Les piétons et les voitures ne peuvent pas cohabiter plus longtemps. Je me souviens d’un temps où marcher à Paris était encore agréable. Que l’on soit d’un côté ou de l’autre, la situation est impossible. Le piéton maugrée car la voiture ne laisse pas les priorités et se comporte comme un phacochère au milieu des flamands roses (la métaphore peut paraître audacieuse, car le piéton ressemble lui aussi souvent à un phacochère, mais il est susceptible). De son côté, l’automobiliste est furieux car lorsqu’un piéton s’engage, il rameute avec lui ses fâcheux congénères et lorsque le troupeau a fini sa course, le feu est passé au rouge.
J’ai fait la bêtise de prendre ma voiture et cette fois-ci, je décide qu’on ne m’y reprendra plus. Terminé. Il va falloir un jour se décider à interdire les voitures à Paris. Tout est à gagner, les piétons seront plus libres de circuler et n’énerveront plus les automobilistes, certains quartiers étant complètement saturés par les deux populations. C’est sans compter les innombrables petites ruelles où les trottoirs sont quasiment inexistants. Bref, je comprends pourquoi je n’aimais pas aller à Paris en voiture, mais ce temps est désormais révolu. Paris se fera désormais à pied.
Ce quartier est vraiment particulier et il me rappelle mon enfance lorsque ma grand-mère m’emmenait chez Reine, chez Dreyfus ou chez Moline, le trio de choc, indéfectibles icônes des acheteurs compulsifs de tissus et autres passementeries. J’aime les gens qui flânent ici, l’air détaché du touriste de passage ou concentré de celui qui fait vraiment ses courses, j’aime ces japonaises qui rient à pleines dents et ces femmes aux cheveux de jais, aux yeux sombres, ces hommes avec leurs mètres en bois qui passent leurs journées à découper du tissu et à distribuer des notes griffonnées sur des petits calepins ressemblant à des billets de tombola, j’aime ces gens qui s’engouffrent par les portes battantes, qui montent et descendent les escaliers, tâtent les tissus, déroulent des mètres de lainages, s’étonnent de la qualité des tissus ou au contraire de leur incroyable côté kitsch.
Un peu plus tard, en partant, j’emprunte la rue Caulaincourt et je passe sur le cimetière de Montmartre, un lieu au charme fou. La rue Caulaincourt a elle-même beaucoup de charme, avec ses épaisses frondaisons. Lorsque le soir commence à tomber, il y fait sombre tout de suite et tout au long de la rue au pied du Sacré-Coeur et jusqu’à la rue Custine, une ambiance de vieux Paris règne, même si les magasins sont désormais très bobo.
Dimanche, c’est dans un autre quartier que je suis allé. Descente à Rambuteau, j’ai descendu la rue de Bretagne qui n’a rien de très sympatique, si ce n’est lorsqu’on arrive devant une grande batisse fraîchement rénové. Sur le trottoir d’en face, on découvre entre deux boutiques, l’entrée d’un marché au nom étrange: le marché des Enfants Rouges. Lorsque nous passons, les gens de la voirie nettoient à grands coups de jets des monceaux de papiers et de fruits pourris, faisant monter une odeur de poisson et d’eau de javel pas très agréable. Dans les parages se trouve une vitrine qui attire mon attention. Ici, on ne vent rien, on entrepose simplement des mannequins…
La rue vieille du temple, un peu plus loin, descend vers l’Hôtel de Ville et se rétrécit au fur et à mesure. Nous marchons un peu pour aller à notre destination. Ici, la population est beaucoup plus bigarrée qu’à Montmartre, mais tout ici semble surfait, fortement marqué par un argent facile et absolument hautain. Les gens ici ne sont pas sympathiques et portent sur leurs visages la marque de l’appartenance à une tribu dont peu de gens font partie. Pourtant, ceci n’arrive pas à gâcher l’ambiance particulière de ces rues étroites. C’est étrange.
Nous allons chez Muji, un magasin très tendance proposant des objets au design épuré, mais pas forcément très pertinent dans le choix des objets. Ce qui n’est pas cher est très gadget et ce qui est cher est souvent trop cher pour ce que c’est. Sinon, c’est toujours agréable d’aller y faire un tour, même si l’agencement des deux magasins n’est absolument pas zen et engendre des confrontations inutiles. Ne supportant plus la chaleur et le monde, je sors avec mon fils, qui ne se prive pas pour interpeler les passants et faire son clown. Il a du mal à tenir en place, mais il est tellement mignon.
Il a froid aux mains et sa mère tire les manches de son pull pour les lui protéger, mais cela ne l’empêche pas de prendre son goüter sur le banc d’un parc, ni même de faire une glissade sur le toboggan. Ce petit garnement est tellement irrésistible qu’il arrive même à se faire payer un pot de glace à la vanille par le serveur du Starbucks de la rue des Archives. Entre nos doigts, la chaleur du moka apporte un peu de réconfort et surtout un irrésistible goüt de chocolat blanc et de cannelle.
Sur le chemin du retour, dans la chaleur du métro, le petit zouzou commence à s’éteindre, et sur le chemin entre la station et la voiture, il marche doucement à mes côtés. Arrivé devant la voiture, je lui enlève son imperméable, mais je m’aperçois qu’il a déjà les yeux fermés et dort debout. Son sommeil se poursuivra jusqu’à la maison, sur le canapé. Finalement, ça cartoone aura raison de son sommeil, il ne quittera pas le canapé et sa position allongée pour regarder les dessins animés, alors que dans la maison flotte une odeur de soupe à l’oseille qui me transporte des années en arrière. Cette ambiance de dimanche soir constitue un des moments préférés de ma semaine, rien n’y est comme les autres jours, les lumières basses, les esprits reposés et les odeurs mettent ces instants entre parenthèses.
Rory Gallagher living in the past…
Sans rougir, j’exhibe parfois la photo de mon permis de conduire, sur laquelle j’arbore une crinière très longue. C’est un des seuls reliquats d’une époque révolue où je m’étais bati un style particulier, tandis que d’autres arboraient blousons noirs, chaînes en tout genre et autres objets métalliques pour ou moins satanistes. Ce style que je portais était à mi-chemin entre le style rustique des pires babas et un style rock’n’roll classique, bottes en daim, blouson en jean et peau de mouton et chemises à fleur à l’appui. C’est à cette époque que je suis tombé en pâmoison devant Rory Gallagher…
A cette époque là, tandis que certains s’énervaient sur les rifs acérés et entendus de Metallica ou Motorhead, j’avais choisi une autre voie, assez déconcertante pour certains. Dans mes oreilles, les groupes Deep Purple, Uriah Heep, Lynyrd Skynyrd (dont la moitié du groupe a tragiquement disparu dans un crash d’avion), mais aussi et surtout Jethro Tull (porté par le fabuleux Ian Anderson, flûte à bec, voic rocailleuse et cache-poussière crasseux) et des gens de la terre comme Stevie Ray Vaughan (également disparu dans un crash d’hélicoptère), Albert King, John Mayall (celui sans qui Clapton ne serait rien, et son mystérieux Blues from Laurel Canyon)…
C’est à ce moment-là que j’ai découvert Rory Gallagher… Un irlandais hirsute à la bouille d’enfant. Je l’ai découvert presque par hasard alors qu’en fin de carrière il venait de sortir un album fabuleux, Fresh Evidence
, influencé par le blues de la Nouvelle-Orléans et notemment Clifton Chenier, un accordéoniste, chantre du style Zydeco (haricot en français cajun)… Sur cet album également un fabuleux The loop
instrumental et endiablé et deux autres titres, Kid Gloves et Empire State Express. Ses deux albums très rock Photo Finish
et Calling Card
sont également des bijoux, mais si vous voulez poursuivre, vous pourrez également écouter un des meilleurs live du bonhomme, Irish tour 74
.
J’ai eu l’insigne honneur de me trouver à ses pieds, par une froide journée de décembre 1994, alors qu’il donnait à l’Olympia son dernier concert parisien et peut-être son dernier concert tout court. Particulièrement en forme de jour là, certes un peu vieilli, j’ai passé trois heures magiques, inoubliables. Il est décédé en 1995 des suites d’un rejet de greffe du foie. Personne comme lui ne savait jouer des harmoniques… Personne comme lui n’avait une voix si étrange et gouailleuse portée par un terrible accent irlandais…
Après le tremblement de terre – Haruki Murakami
Six histoires, six destins liés entre eux par le fait que le tremblement de terre de Kobe de 1995 est passé sur la vie de ces six personnages. Un livre poignant sans être fataliste, une description minutieuse des séismes intérieurs…
Depuis la lecture de ce livre, je me suis plongé à corps perdu dans l’oeuvre de Murakami, auteur rare, d’une sensibilité à fleur de peau, il est de ces gens qui vous terrifient par leur vision du monde absolutiste. Dans ce livre, on découvre six histoires très personnelles dans un Japon en état de choc post-traumatique. Les ombres du passé ressurgissent et taraudent nos héros, ou plutôt doit-on dire nos anti-héros, car ces gens sont vous et moi, des gens du quotidien, notre voisin ou notre ami, tous ces gens qui gravitent autour de nous et recèlent en eux une part d’ombre délicate et violente. Un charme et une pudeur toute japonaise se dégagent de ces quelques pages précieuses.
– Elle dit qu’il y a une pierre au fond de votre corps. Un pierre blanche et dure. De la taille d’un poing d’enfant. Elle ne sait pas d’où elle vient.
– Une pierre ? répéta Satsuki.
– Il y a des caractères inscrits dessus, mais comme c’est en Japonais, elle ne peut pas les déchiffrer. Il y a quelque chose d’écrit en noir, à l’encre de Chine, en tout petits caractères. C’est une pierre assez ancienne, vous avez dû vivre de longues années en la portant en vous. Il faut que vous jetiez cette pierre quelque part. Sinon, quand vous serez morte et qu’on vous aura incinérée, la pierre demeurera.
Lieu de lecture de ce livre: Parc Monceau, Paris.
Jardin coréen
L'histoire interdite #2 (le fantôme du chamane)
Après l’histoire de la pêche au crabe {L’histoire interdite #1 (la pêche au crabe)}, je continue mon histoire interdite. J’ai vécu des choses extraordinaires et faire partager cela est important.
Après mon arrivée à Moscou, où j’ai travaillé quelques mois comme coursier pour un bijoutier, j’ai pris plusieurs billets d’avions pour finalement atterrir en Argentine. Je voulais connaître les Andes, les hauts-plateaux désertiques et arides, l’expérience des froids andins… Ce que j’ai vécu là-bas, dans les montagnes près de Mendoza, non loin du Pozo de las animas (le puits des âmes), m’a laissé un goût d’inachevé, de surprise…
Je ne vous raconterai pas les hasards qui m’ont fait atterrir à cet endroit en particulier, cela prendrait beaucoup trop de temps, mais j’ai fait la connaissance d’un certain Eduardo dans un bar de Mendoza, entre deux bières passablement sans saveur. Nous avons engagé la conversation autour des montagnes qui enserrent la région et puisque j’étais là pour ça, je lui demandai s’il connaissait un moyen de se rendre là-haut sans danger et s’il savait où l’on pouvait trouver un guide. Je n’eus pas à chercher longtemps… son grand-père habitait au pied de la seule route qui montait au Pozo de las animas, dans une cahutte sans confort.
Rendez-vous était pris pour le lendemain matin et à l’endroit indiqué, Eduardo m’attendait dans une voiture d’un autre âge, d’une marque inconnue. Il me fit monter dans sa guimbarde et il m’emmena jusqu’à la maison spartiate du vieil homme. Nous étions déjà loin de toute civilisation et je sentis une atmosphère de mystère autour de ce lieu. Eduardo ne frappa pas à la porte et me fit entrer dans un lieu très sombre, dans lequel on pouvait distinguer un désordre sans nom et duquel se dégageait une forte odeur de tabac à pipe brûlé. Un vieillard hirsute et torse-nu portant une simple pantalon de lin dégoûtant, un panama vissé sur la tête, sortit de nulle part et me serra chaleureusement la main. Eduardo me présenta son abuelo comme le meilleur guide de montagne qui soit dans la région. J’avoue que je commençais à avoir des doutes sérieux quant à ma réelle volonté de m’aventurer dans les hauteurs avec un vieillard qui semblait ne plus avoir toute sa tête.
Nous restâmes toute la journée au dehors et j’entendis de la bouche du vieil homme des histoires et des légendes dont je me disais qu’il fallait avoir l’imagination fertile pour les inventer et la mémoire bien rangée pour s’en souvenir. Le soir se mit à tomber et autour du feu, il continua à raconter ses histoires en tirant comme un fou sur sa pipe depuis le matin. A la fin d’une de ses histoires, il se leva et rentra dans sa cahutte. Eduardo me dit que c’était fini et qu’il était temps de dormir. Je dormis dehors dans mon sac de couchage et je me réveillai épuisé par une nuit lardée de cauchemars, le visage trempée par une rosée venue de nulle part.
Eduardo avait passé la nuit à mes côtés et il me dit qu’il viendrait avec nous. Le vieillard sorti de sa maison et nous partîmes à flanc de montagnes, vers les hautes cîmes… Nous avons passé deux journées entières à marcher parmi les caillasses et des sortes de dust bowls qu’on aurait pu croire sorties d’un studio de cinéma hollywoodien. Arrivés sur une crête rocheuse depuis laquelle le paysage montagneux semblait s’étaler à perte de vue, nous nous sommes posés, histoire de souffler. Il était midi au soleil et le froid commençait à se faire sérieusement sentir.
Mon compagnon de fortune posa son sac et regarda son grand-père, puis me prit par les épaules. Il me dit calmement:
– Romuald, lo que vas a ver, no debria decirlo a ningùn. (ce que tu verras, tu ne le diras à personne)
Mes yeux se sont écarquillés. Je ne comprenais pas. Il me dit ensuite qu’il allait accompagner son grand-père plus haut encore dans les montagnes et qu’ils ne reviendraient pas de leur voyage, que les esprits les attendaient et qu’ils allaient faire un long voyage. Je ne comprenais rien de ce qu’il me racontait. Nous prîmes ensuite un déjeuner frugal comme si de rien n’était mais je commençais vraiment à m’inquiéter à propos de ce qui allait se passer. Le soir venu, nous n’avions toujours pas bougé de le crête. J’avalais mon repas et prit une gorgée d’eau. Ce qui se passa ensuite reste très confus encore aujourd’hui.
Je commençai à être pris de nausées intenses et ma vue se brouilla. Je vis Eduardo et son grand-père prendre leurs affaires et repartir. Malgré mes efforts, je n’arrivai pas à me lever et après avoir vainement tenté de résister, je m’évanouis.
Le lendemain, je me réveillai avec un mal de crâne pas possible et je me mis immédiatement à la recherche des deux hommes, que je finis par apercevoir beaucoup plus haut sur une autre crête beaucoup trop loin à rejoindre. Je regardais les deux hommes et me demandais où ils pouvaient bien aller comme ça, surtout s’ils ne comptaient pas revenir. Il s’éloignèrent encore, jusqu’à disparaître.
Je ne voulais pas les suivre et je pliai bagages pour retourner à Mendoza. Après avoir marché longuement avec ma migraine, je finis par voir au loin la maison du vieillard. Plus je m’en approchais, plus je trouvais que quelque chose de bizarre était en train de se produire, et c’est à quelques mètres de la maison, que je compris. La maison était dévastée, encore plus que lors de ma dernière visite et tout semblait indiquer que personne n’avait vécu ici depuis des années. La poussière avait envahi l’intérieur comme si une tempête de sable avait soufflé à l’intérieur. Le plus étonnant, c’est que la voiture d’Eduardo en était recouverte d’une épaisse couche. Tout ici indiquait que le désert avait repris ses droits comme par enchantement.
J’ai rejoint Mendoza à pied, de peur que la voiture d’Eduardo ne soit sous l’emprise d’un quelconque maléfice. Au revoir Mendoza et tes gens étranges, au revoir l’Argentine mystérieuse. C’est après ces événements que je suis retourné à Paris.
La rentrée des blogs
Le mois de septembre, c’est la rentrée des hommes politiques, des écoliers et des livres, mais c’est apparemment aussi la rentrée des blogs.
Morceaux choisis (y’a pas que de la nouveauté)…
Tout d’abord, le retour de mon ami Borgo qui, malgré un suspense insoutenable quant à un éventuel retour sous avec Dotclear, a finalement opté pour WordPress. C’est tout frais tout neuf, c’est Borgo is alive. Welcome back !!
Il y a aussi le grand ST qui revient sous le nom de Désiré Beladonne avec un très bel audioblog. C’est toujours Ma Parole ! et c’est toujours très bon…
Dans la clique des petits nouveaux, voici quelqu’un que je tiens absolument à vous faire connaître. Il s’appelle Got, je l’ai recontré au Paris–Carnet de juin 2005 en compagnie de sa chère et tendre couleur de figue et il a finit par céder à la pression populaire en ouvrant son propre blog: Les petites cases, turbiné sous Lodel (on se demande bien pourquoi). J’allais oublier, Manue et Got sont des personnes que je n’ai vues qu’une seule fois, mais j’avoue que ce sont vraiment des personnes que j’ai envie de revoir.
Message personnel à l’attention de Got: Enfin, t’arrêteras de squatter le blog de Manue et puis mon thème est très beau et je te dis bien des choses 😉 Ah encore une chose, faudrait peut-être songer à inclure les trackbacks dans Lodel, ça fait désordre.
OOPS, j’allais oublier. Lisez ceci.
La maison des trois thés
Billet dédié à l’ami Wam
Maître Yu Hui TSENG, la seule femme au monde experte en thé, habite en France depuis 1994 et livre une véritable passion pour le breuvage aux milles saveurs.
Plus de 1000 variétés de thés – dont Maître Tseng connaît tous les secrets de fabtiquations – sont exposés dans son salon. Elle refuse d’associer son nom à une marque, et pourtant de grandes entreprises aimeraient se l’arracher à prix d’or. Maître Tseng est une des 10 gardiennes du mystère du thé, du vrai thé. Il n’est pas question de lui parler des thés en sachet.
Aujourd’hui, il n’est plus rare de trouver sur le marché des thés d’une valeur erronée, fausse, voire totalement démesurée pour une qualité moyenne. En Chine, j’achète la feuille sur pied avant la cueillette et j’orchestre la fabrication. Il faut quatre ans pour avoir une première récolte, et six pour une récolte stabilisée. La feuille est cueillie selon un processus très complexe. Les chinois boivent toujours le même thé, qui est avant tout celui de leur région.
De nos jours, seuls 10 experts connaissent les secrets de la plantation à la dégustation, un milieu très fermé spécifiquement réservé aux hommes (!).
La maison des 3 thés / 1, rue Saint-Médard / 75005 Paris
Et … comment se prépare ce sage breuvage qui sait ouvrir les portes de la poésie? voir la préparation du thé en images