Gimli, ou la métaphore douteuse

Il est court, lourdaud et épais comme un nain des mines de la Moria, mais il est aussi d’une précision et d’un confort que je connaissais pas. Gimli, c’est ainsi que j’ai surnommé mon nouvel objectif, un Sigma 10-20mm pour mon Canon EOS 350D.
Il se trouve qu’après avoir visionné et revisionné mes photos de vacances – il me faut toujours un temps de maturation -, je me suis aperçu que la plupart de mes clichés avaient été pris en grand angle (18 mm), non pas par choix mais par contrainte, une contrainte que je me suis donnée afin de simuler un travail avec une focale fixe, ce qui impose de travailler le cadrage et la position. Une fois revenu, je me suis dit que j’allais conserver le 18-55mm pour les photos prises à la volée, mais que désormais, je devais travailler avec une focale fixe. Et c’est pour cette raison que finalement, je ne me suis pas décidé pour une focale fixe, mais pour un zoom extra grand angulaire.
Ici, avec un 10-20mm, je me trouve dans une dimension que je ne connaissais pas. Le premier réflexe lorsque j’ai introduit la baïonnette dans le boitier, a été de tester la vue en 20mm et de tourner la bague pour me retrouver en 10mm. Un monde magique, étonnant… Tout à coup, je me suis retrouvé avec un angle de vue impossible à percevoir pour un humain. En effet, le champs de vision humain correspond plus ou moins à une focale de 43mm, l’angle d’observation étant d’à peu près de 60°. Ici, l’angle maximal est de 102.4°, autant dire, une aberration, mais c’est précisément là que c’est intéressant, même si je n’ai pas encore mesuré l’étendue de toutes ses possibilités.

Very large angle1er essai

Je me retrouve donc avec un objectif impressionnant, plus long et plus épais que l’autre, équipé d’un pare-soleil et d’une petite housse de transport toute mignonne, et pourtant, Gimli n’a pas que des avantages. Même si son ouverture minimale est de f22, l’ouverture maximale reste un peu légère (f4.0), ce qui joue contre la lumière et interdit presque l’utilisation d’un polarisant. D’autre part, le diamètre de la bague est de 77mm, alors pour les filtres, ça attendra parce qu’on arrive dans des prix hallucinants. Et puis le poids ! Mon Dieu, j’ai commencé les cours de muscu parce que Gimli ne pèse pas moins de 470 grammes ; il faut dire que la bête est rempli de lentilles pas légères.

Ses avantages contre-balancent largement tout ceci. La focale 10-20mm est une rareté et à ce prix là, c’est un des meilleurs objectifs pour la qualité de son image et le peu de déformation sur les focales courtes, même si sur ces angles, c’est quasiment inévitable. La motorisation HSM est silencieuse, précise et rapide, un vrai bonheur.

En fait, je me suis rendu compte que les sujets que je vais pouvoir traiter avec Gimli vont pouvoir aller des photos d’architectures aux paysages, en passant par toutes sortes de sujets que je me plais à triturer, et qu’en ce qui concerne les portraits, il faut vraiment se rapprocher au point d’avoir l’objectif sur le nez du sujet… Une manière de me dire qu’il faut que je me rapproche des gens ?

11 Replies to “Gimli, ou la métaphore douteuse”

  1. bah non pas si etonnant que ça
    cet angle
    parce que pour retrouver la vrai vision de ton image il te faud juste la regarder de tres pres
    environ 10 cm
    😉

    pour le portrait oui c’est top
    aupassage ton 10/20 c’est un 15/25 ou 18/28 formart numerique oblige 🙂

  2. Te rapprocher des gens, c’est clair !

    Ca me fait penser à un projet photo face2face, où des photographes ont pris des clichés en gros plans d’israéliens et de palestiniens, exposés dans les rues en énorme, face à face.
    http://www.face2faceproject.com/

    Lui photographiait à 28mm, déjà à cette distance, tu es à 10cm de la personne disait le photographe dans le documentaire ! 🙂

    Alors à 10mm !

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